Repenser la santé des veaux avec une approche globale
Capital Veau : Identifier, Accompagner, Protéger, Monitorer
Témoignage de Clémence Poussier, productrice de lait dans le Calvados
Nous avions plus de 20 % de mortalité sur les veaux. En changeant nos pratiques et nos protocoles, nous sommes aujourd’hui autour de 10-12 % de mortalité, avec un pic au moment du vêlage.
4 axes de progrès en santé des veaux : exemple de la SCEA Poussier
Nous vendions tous nos veaux à 15 jours, 3 semaines d’âge et nous achetions toutes nos génisses et les inséminions.
Nous avons changé cette pratique en septembre 2022 : nous avons commencé à inséminer en semence sexée et à élever nos propres génisses. C’est un nouveau métier.
Cela a été un vrai changement global pour atteindre des résultats satisfaisants.
[La SCEA Poussier compte 230 Prim’Holstein et produit 3 millions de litres de lait.]
Nous avons changé le couchage des veaux, notre manière d’administrer le colostrum et notre stratégie de vaccination. C’est vraiment un ensemble de changements, et les conseils de nos vétérinaires nous ont beaucoup aidés à évoluer dans ce sens.

1 / Nouveaux logements, meilleure désinfection
Nous avons dû créer de vrais logements pour les veaux. Au début, nous les mettions dans le champ avec des balles de paille, en faisant de petites niches qui ne convenaient pas du tout. Nous sommes donc passés à des niches collectives
Aujourd’hui, nous laissons les veaux pendant dix jours dans une niche, puis nous changeons de niche afin d’avoir des lots vraiment homogènes.
Les veaux restent dans ces niches pendant trois mois. Une fois ce délai passé, nous retirons la niche, nous la passons au nettoyeur haute pression, nous la désinfectons et nous curons, puis nous chaulons le sol pour limiter la contamination entre lots.
Nous désinfectons aussi tous nos outils du quotidien : chaque niche a son seau et ses tétines dédiés, avec des codes couleur, et nous changeons les tétines en début de lot. Matin et soir, nous nettoyons les seaux, nous les passons dans un bac avec un produit, puis nous les laissons sécher avant de les remettre le soir ou le lendemain.
2 / Gestion du colostrum plus précise
Nous analysons la première traite de chaque vache et de chaque génisse afin de mesurer la qualité du colostrum et de vérifier que nous sommes bien calés sur notre ration vache tarie et notre préparation vêlage.

Ensuite, nous donnons au veau trois litres de colostrum s’il n’a pas déjà tété sa mère. Le reste du colostrum est congelé, puis utilisé pour donner 250 ml de colostrum matin et soir pendant 10 à 12 jours.
Nous ajoutons ce colostrum à leur buvée : 250 ml par veau. Par exemple, dans une niche de quatre veaux, nous remettons un litre de colostrum en plus de la buvée normale.
3 / La stratégie de vaccination repensée avec le vétérinaire
Nous avons déjà une vaccination contre les rotavirus respiratoires et nous avons complété la vaccination des mères contre la cryptosporidiose avec le vétérinaire.
Nous avons mis en place ce protocole vaccinal : les vaches sont vaccinées un mois avant le jour du tarissement, puis nous faisons un rappel au tarissement, car la première année nécessite un rappel de la vaccination.
La mise en place de tous ces protocoles et de cette vaccination a permis de limiter les antibiotiques. Nous avions auparavant un usage quasi systématique ; aujourd’hui, nous en utilisons dans moins de 10 % des cas. Du côté des veaux, nous complétons la vaccination par un vaccin à la naissance contre le RS et un injectable à 15 jours.
4 / Une alimentation revue pour les vaches avant le vêlage
Nous avons aussi mis en place une alimentation spécifique pour les vaches taries et une alimentation pour les préparations vêlage.
Les vaches taries restent cinq semaines sur une ration maïs-paille, puis les préparations vêlage pendant trois semaines, avec ensuite un apport de chlorures sur la partie préparation.
Des protocoles sanitaires pour un quotidien plus serein
Tous ces protocoles demandent un peu plus de travail au début. On se dit que cela va faire beaucoup, mais en réalité on se rend compte qu’au quotidien, c’est facile à mettre en œuvre et qu’il y a moins de surprises.
On arrive le matin et le soir sur des veaux en forme, et on est plus serein. C’est un bénéfice pour le bien-être des animaux, mais aussi pour nous.
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