La gestion du colostrum en élevage allaitant

Je m’appelle Valentin Loiseau, éleveur aux Banchereaux à Chanteloup-les-Bois, dans le sud du Maine-et-Loire.

L’exploitation compte 90 ha très herbagés, avec 10 ha de céréales à paille et 40 vêlages naisseur-engraisseur de bœufs bio (en vêlages d’automne), de Charolaises et de quelques Angus.

Par le passé, 100% de mes veaux étaient touchés de diarrhées néonatales mortelles. Désormais, 100% de mes veaux sont en bonne santé grâce au travail sur la distribution du colostrum issu de mères vaccinées.

Valentin Loiseau, éleveur de bovins charolais

Le délai pour les deux buvées de colostrum

Ça se passe en plusieurs étapes bien protocolaires. C’est toujours la même chose :

  • le veau vient de naître, je démarre mon chronomètre. L’objectif, c’est d’avoir une bonne prise de colostrum avant les 6 h de vie du veau, je laisse la vache se reprendre, lécher son veau, le nettoyer ;
  • à 1h / 1h30 de vie, je regarde, je reprends la vache au cornadis et si tout va bien, je lève le veau, il vide la mamelle, que j’ai nettoyée auparavant ;
  • j’ai bien re-paillé partout, bien sûr. Avant ça, j’ai quand même pris un peu de colostrum sur mon réfractomètre, que je mesure à chaque fois. C’est la première opération que je fais, sinon les valeurs diffèrent.

Donc, soit le veau est capable de se lever et il vide la mamelle, je l’aide à téter. Soit je tire la vache et je donne au biberon. Sinon, par sonde. Et donc là, à 1h / 1h30 de vie du veau, le veau va se coucher.

La vache doit pouvoir délivrer. À ce moment là, normalement, je note parce que cela traduit aussi un peu la qualité de la cure de minéraux et d’oligo-éléments.

Je note l’heure à laquelle la vache va expulser, la délivrance. Donc je note à quelle heure le veau va se lever, à quelle heure il va prendre la première buvée.

Grâce à ces interventions, j’ai 95 % de chance d’avoir une deuxième buvée avant les 6 h de vie du veau. Cette deuxième buvée est très importante parce qu’il a tété lui-même et cela améliore le transfert colostral.

La gestion des naissances la nuit

Pour surveiller les vêlages, dix jours avant le terme théorique, je rentre la vache dans la stabulation.

La journée, elle peut aller dans un pré autour et la nuit, je la renferme et j’ai une caméra de surveillance qui me permet de surveiller le vêlage.

S’il y a vêlage la nuit, il y aura une prise de colostrum la nuit. Je ne vais pas attendre le lendemain pour aller faire la prise de colostrum.

Si c’est à 22 ou 23h, je fais tout de suite ma prise de colostrum. Si on dépasse minuit, je me lève plus tôt le matin ou dans la nuit. Mais j’essaie de respecter mon sommeil.

La concentration en anticorps des colostrums

En termes de qualité, j’ai à peu près 25 % des colostrums qui sont à plus de 40 brix, la moitié qui sont entre 33 et 40 et les derniers 25 % sont entre 27 et 33.

Avant, j’avais un litre (un peu plus parfois) et maintenant j’ai deux litres couramment, donc ça assure beaucoup plus d’anticorps pour le veau.

Grâce à ce volume-là, j’ai moins de soucis, au moins sur la partie préventive.

La banque de colostrum

Quand je suppose que la vache est bonne productrice, je tire la vache après un bon nettoyage du trayon.

Je conditionne par litre, j’étiquette la bouteille avec la date de prélèvement, le numéro de la vache, j’indique si c’est une vache ou une génisse. J’indique également la quantité et la qualité de colostrum. S’il y en a suffisamment, j’essaie d’avoir des volumes de trois quarts de litre à un litre.

Pour dégeler le colostrum ? Eh bien si, par bonheur, on a vu des jumeaux à l’échographie, dès que la vache se prépare à vêler je peux sortir le colostrum (quelques heures avant) et il va dégeler de lui-même. On est au mois de septembre, il y a encore des chaleurs.

Quand je suis pris au dépourvu, je mets de l’eau chaude dans un seau, qui ne baigne pas le colostrum. C’est la vapeur autour du seau avec un couvercle qui le dégèle gentiment, il ne faut pas le brûler.

L’hygiène

Donc la vache a vêlé, la zone est propre et paillée avant le vêlage. Si je dois faire cette prise de colostrum, si la mamelle est sale, je la nettoie avec de l’eau tiède tout simplement.

Je suis propre sur moi, je n’ai pas la même cote que pour faire les autres travaux de la ferme. Tous les ustensiles utilisés, que ce soit un biberon, une sonde, un récipient, ont été ébouillantés et javellisés entre chaque vêlage, entre chaque veau et je le fais de suite après l’utilisation.

Parce que le lait qui est dans le récipient va cailler, se coller, sera plus dur à retirer et des micro-organismes vont s’installer. Donc j’ai nettoyé la mamelle de la vache, j’ai trait ma vache et je le mets dans le biberon ou la sonde.

C’est un matériel utilisé uniquement pour la prise de colostrum sur un veau malade, pour limiter les risques de contamination. Parce que la crypto est vraiment contagieuse…

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